La matière est, pour moi, l’essence du vivant.
Peinture, pigments, enduits, minéraux ne sont pas de simples médiums, mais des élèments avec lesquelles j’entre en dialogue. Ils résistent, se transforment, imposent parfois leur propre rythme. Mon travail consiste à écouter ces réactions, à accompagner les mutations plutôt qu’à les dominer.
Le geste occupe une place centrale dans ma pratique.
Il n’est ni calculé ni ornemental. Il émerge d’un élan intérieur, d’un rapport physique et sensible à la surface. Chaque trace garde la mémoire d’un passage, chaque couche inscrit le temps. Je cherche un équilibre fragile entre maîtrise et abandon, entre intention et lâcher-prise.
Ma peinture s’inscrit dans une abstraction lyrique et contemporaine, où la matière devient langage. Elle ne raconte pas, elle suggère. Elle invite à une expérience sensible, ouverte, où chacun peut projeter sa propre lecture.
Peindre est pour moi un acte de transformation :
transformation de la matière, du regard, et peut-être, plus silencieusement encore, de l’être.